À la rencontre...

... de Linda, rédactrice passionnée, à l'ère de Chat GPT

Nous avons souhaité interviewer Linda Taormina parce qu’elle est la seule journaliste rédactrice du Groupe (rattachée au pôle Communication et Contenus, à Versailles), mais aussi parce que son métier a beaucoup évolué avec l’arrivée de ChatGPT.  
Ce qui nous a tout d’abord frappée chez elle, c’est sa passion. 
Après 17 ans de rédaction et des kilomètres de pages, elle raconte son travail avec les yeux qui brillent, et ce sourire… qui respire l’enthousiasme !  

Sur le Vif : Alors comme ça, ton goût pour l’écriture remonte à tes 10 ans ?
Linda : Oui c’est fou, j’étais toute jeune ! J’aimais déjà les journaux, le papier. J’ai toujours adoré les machines à écrire, le bruit des touches, puis les premiers ordinateurs, les logiciels de traitement de texte. Il y avait le goût de l’écriture et l’esprit d’aventure aussi, ce côté « Tintin » : faire des enquêtes, raconter des histoires…
Adolescente, j’avais créé un journal, rien que moi, pour le plaisir : Le Journal des jeunes, je l’avais même montré à ma prof de français. J’ai aussi participé au comité de rédaction d’un supplément local, pour et écrit par les jeunes de ma ville : L’Étincelle Jeunes, mes premiers pas de journaliste.

À la fac d’histoire, j’avais lancé le magazine étudiant Histoire d’y croire, calqué sur la ligne éditoriale du magazine Historia : on reprenait le programme d’histoire, et les maîtres de conférences relisaient nos textes. 

« J’ai toujours adoré les machines à écrire, le bruit des touches, les premiers ordinateurs, … »

Sur le Vif : Tu as fait des études d’histoire ? 
Linda : Oui, maîtrise d’histoire contemporaine. Mais j’ai toujours eu le journalisme en tête, ça a guidé tous mes choix. Mon mémoire par exemple, portait sur Radio France Internationale et ses émissions en langues étrangères. J’ai passé un an dans les archives de RFI (1905-2005), à découvrir son évolution, au gré des mouvements politiques et des évolutions de la société. Passionnant ! 
J’ai ensuite rejoint une école de journalisme, le CFPJ, en alternance au magazine ELLE. Mais l’histoire m’a apporté une culture générale solide, une méthodologie et surtout l’esprit critique : apprendre à douter des sources. C’est essentiel, et c’est ce qu’il faut transmettre aux générations futures. 

Sur le Vif : Douter des sources… tu nous offres une transition parfaite pour évoquer l’arrivée de l’IA avec toi. 
Linda : Savoir prompter l’IA, ce n’est pas tout, il faut en effet vérifier les sources, tout checker derrière. Ce sont des compétences à apprendre. Et puis, si tu n’as pas les codes du « bon texte », si tu ne sais pas reconnaître un bon texte, tu ne peux pas bien dompter la machine. 

« Apprendre à douter des sources. C’est ce qu’il faut transmettre aux jeunes générations. »

Sur le Vif : Le syndrome de la page blanche, ça arrive parfois quand on se lance dans la rédaction d’un article. ChatGPT, ça t’aide pour ça ?  
Linda : Je n’ai jamais eu le syndrome de la page blanche. En tant que journaliste, on a une méthodologie : répondre à « où, quand, comment, etc. ». Tu démarres donc forcément par l’info. Mais cette info, il faut la mettre en scène, l’enrichir, et c’est là que la panne d’inspiration peut parfois arriver. Avant l’IA, je laissais reposer mon texte, je relisais mes sources, je lisais d’autres articles, je m’inspirais ailleurs… Aujourd’hui, discuter avec un bot débloque plus vite les idées. 

Sur le Vif : Avec Chat GPT, beaucoup pensent que tout le monde peut être rédacteur.
Qu’en dis-tu ?  
Linda : L’IA décuple les compétences de base, je dis bien « décuple ». Avec ChatGPT, tout le monde peut produire du texte certes, mais la qualité, le choix de l’angle, la mise en scène de l’info, le décor, ce sont des automatismes de pros qu’on n’acquiert pas en un clic. Ce n’est pas pour rien qu’un pôle Communication et Contenus existe chez Rouge Vif, avec des personnes spécialisées dans l’éditorial !

Sur le Vif : Tu dirais donc que c’est ton super-assistant ? 
Linda : Un peu, oui. Il m’aide à trouver des idées de sujets, à affiner mes angles, à rendre une titraille plus percutante. Je lui demande aussi de m’expliquer des concepts compliqués pour mieux les vulgariser, et chez Rouge Vif, les sujets sont souvent pointus.  
Aussi, l’IA me décomplexe : avant, sur certains exercices éditoriaux, j’aurais dit : « non, je ne pense pas savoir faire ça ». Récemment, pour une étude de perception pour notre client Eau de Bordeaux, l’IA m’a aidée à comprendre comment présenter ce type de livrable. J’ai pu me lancer.  
L’IA est aussi redoutable pour synthétiser de longues bases documentaires. Bien sûr, il faut vérifier, mais le gain de temps est énorme !

« Je demande par exemple à ChatGPT de m’expliquer des concepts compliqués pour mieux les vulgariser. »

Sur le Vif : Aucune crainte alors vis-à-vis de ChatGPT ? 
Linda : Si, quand même ! La qualité du contenu : si on ne fait pas attention, il peut y avoir des erreurs. De plus, l’IA ne connaît pas tous les codes du client, elle ne saisit pas toujours les subtilités d’un dialogue, d’une interview, du réel, du vécu. Et puis il y a ce risque d’uniformisation des textes, du style : si on laisse faire, on finira par tous écrire de la même façon. Style ChatGPT, sans âme. 

Sur le Vif : Revenons sur ton parcours, de journaliste à communicante, comment s’est passée la transition ? 
Linda : Après le CFPJ, j’ai enchaîné les piges pour ELLE, Version Femina, Top Santé. Mais être pigiste, ce n’est pas toujours simple : courir après les sujets, renouveler sans cesse les idées… parfois même se les faire piquer par des « amis ». J’ai aussi été déçue par le manque d’indépendance de certains médias. 
J’ai ensuite travaillé comme chargée de communication pour l’association ELA, qui accompagne les familles dont les enfants sont touchés par les leucodystrophies. Un environnement très fort humainement, mais parfois difficile, surtout lorsqu’il fallait annoncer le décès d’enfants rencontrés quelques mois plus tôt. Ça devenait dur parfois pour le moral…   

Sur le Vif : Et ton arrivée en agence de communication, ça a changé quoi ensuite ? 
Linda : Après ELA, j’ai intégré l’agence WAT, puis Rouge Vif aujourd’hui.  
Je m’étais faite une image des agences de com’. Mais j’avais remarqué que certaines produisaient de « vrais » journaux internes ou externes (comme Vivre, le magazine de la Ligue contre le cancer pour lequel j’ai écrit pendant 7 ans !), parfois même primés. Je me suis dit : « ça peut être bien finalement ». Quand une agence internalise un rédacteur, c’est qu’il y a un vrai besoin, et ça change tout. Tu es attendue, tu es nécessaire et on compte sur toi. Je me suis sentie respectée en tant que rédactrice. J’avais trouvé ma place.  

« Discuter avec un bot débloque parfois plus vite les idées. »

Sur le Vif : Tu es donc la seule rédactrice du Groupe Rouge Vif. Alors défi ou fierté ? 
Linda : Les deux ! Un défi, parce que la grande majorité de la rédaction « repose » sur moi. Une grande fierté : la confiance qu’on me donne. 

Sur le Vif : Quand tu rédiges, c’est quoi tes petits rituels ?
Linda : Je m’enferme dans ma bulle, mon casque sur les oreilles et de la musique. Mais pas du Queen ! J’aurais trop envie de fredonner ! Donc plutôt sans parole : du jazz, de l’orchestration de films et du lo-fi, c’est de la musique au piano avec des ambiances de pluie, vent, mer, bruit des vagues… j’adore.

Pour Rouge Vif, Linda couvre une grande variété de sujets, parmi lesquels :

  • Biométhanisation : pour GRDF avec Rouge Vif Junium, dans le cadre de cours destinés aux lycées agricoles
  • Biodiversité : pour les newsletters internes et externes de l’Office Français de la Biodiversité
  • Changement climatique : pour le site grand public de Météo France
  • Écosystème de la santé : pour le rapport annuel de 40 pages du Centre National de Gestion des praticiens hospitaliers (CNG)
  • Innovations et intelligence artificielle : pour la postface d’un livre blanc porté par l’AMIAD (Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense)
  • Urbanisme : pour le mode d’emploi du PLUi de Boucle Nord de Seine
  • Végétalisation en ville : pour le dossier de presse du SMTC (projet InspiRe)
  • Seniors et bien vieillir : pour le magazine de DOMITYS à destination des prospects de résidences services seniors 

et bien d’autres thématiques et clients !